Louve verture

ce que c'est d'être debout, tangente esquive

Opalines
déambulations
sereines
face à l’adversité
néant d’un quotidien
qui tente
de nous ronger

La certitude est un cadenas rouillé
où un quotidien appris
pour te brimer
sert les intérêts
de puissants abstraits

puissances vaines
puisque fondées
sur ce monde
qui nous est interdit
comme un panneau tordu
qu’il suffit d’oublier

Séances kiné
masser les chairs
ternes endoctrinées
obéir se taire
ne pas déranger
éteignoir
de nos lumières de vie

La vie simple
s’excusant maintenant
maintenue au bout du bras
amorphe d’un quelconque

sur la plaie gonflée
sutture
s’entrevoit pourtant
louve verture
animal instinct
meute matriarcale
où le mâle du pays

rejoint humilité païenne
sa nature originelle reine
rejoint humilité païenne
sa nature originelle reine

Infime margelle

ce que c'est d'être debout, tangente esquive

Un temps
cette infime
margelle
me fut un seuil
insurmontable

Un temps
cet infirme
émarge,
aile
ensouvenir écueil
ainsi surmonté…

Recueil recul
sur infirmité de circonstance
infinité de
circonstances

Déjuger les pronostics
vitalité ampoules vitamine D
piquouse ventrale
cuissots décharnés

Et tu voudrais
que je passe outre
renoncements voutés
croire pouvoir goûter ces mondaines insanités ?

Pour la gloire, pour un regard, pour se faire croire, le valoir
plutôt que le vouloir ?

Si j’ai vaincu l’interne invasive découpe
hébergé 11 mois
clouterie vissée

C’est pas pour
me laisser éteindre
par présages datés
d’une humanité autocentrée

J’ai pour le
presque avenir
des envies humbles
modestes
déterminées
saines sereines

Ainsi détaché
des humeurs incertaines

Ce que c’est que d’être debout

ce que c'est d'être debout, Nuit des taies

Si je me tiens
droit debout ici
c’est d’avoir
été courbé
amoindri
réduit
vague i
L alangui
La chaise roulait
À mes bras balants
Alors qu’éteint
étendu
au lit
alité
de souffrances
morphine
en nuits
intermine
la vermine hanche
cloutée par chirurgie
vrillait durance

Je me relèverai
Je remarcherai
Je vaincrai le néant
où chute improbable
avait jeté mes jours

Ce que je cris ici
que j’écris écrive
ou scande
Ce que mon regard
luit d’une lueur
fruit sûrard
c’est cette volonté
équarisseuse égrènée
au raison oraison
horizon joufflu
aurore ventrue
qu’érode parfois
aride souvent
l’oeil goguenard
de celle de celui
qui ignore par trop
ce que c’est
que d’être debout