Parfums suaves du lendemain

Tangente esquive

Ascétisme circonspect des âmes éteintes

urgence incertaine qui motive les crimes défaites et renoncements

quel langage veux-tu que j’exerce sur ton esprit rebelle?

crois-tu que ces sermons parlent aux parfums suaves du lendemain ?

je suis dans l’instant
instinctivement instantanément
intrinsèquement

et pourtant
et pourtant
je ne laisserai jamais
aucun fil d’acier retenir
ma liberté

aucune certitude apprise par convenance complice ternir en connaissance, la fluide esquive,

tangente esquive, esquisse est-ce qu’il sait esquisser un sourire

plissement mutin des pommettes iriser éclat regard,
dégraffer à souffle dru
la piégeuse routine
où s’éteignent nos rêves

c’est un peu de nous
c’est un peu de tout
sait un peu tout ça
celle ceux celui
renoncer à monter le cheval

délaisser la selle, bravache cravache, ordres filasses, haras harasse

et qu’un équin compagnon soit vu en émotion
et non en conquête,
la plus belle conquête
de l’ode est une liberté censée sans selle
sans harnais,

sans sermon, sans ce ton cassant, semblant sec de
sentiment, sais-tu murmurer au doux naseau des chevaux?

Rêve désir volontaire

Tangente esquive

À cette forme de réaction ou de non réaction,
renoncement rêve,
désir volontaire,
aspiration
se laisse lire en fonction
de cette forme de vie

déterminer par idée
préconçue
prémâchée
préformatée

ce que sera
ce que serait
notre devenir

d’être né fils de métayer
à Chateauponsac Haute-Vienne
un un janvier 1941
je deviendrais ou ne deviendrai pas

d’être née
fille de mineur de fond
à Denain Nord Pas-de-Calais

un neuf avril 1945
    je deviendrai ou ne deviendrai pas

que suis-je devenu
qu’ai-je vécu
qu’ai-je lu
qu’ai-je ri
à qui ai-je souri
à quel esprit de vie

ce à quoi ma naissance
me destinait, ce que l’on aimerait me dicter
ou ce que j’ai décidé

à vous de me le dire
avec le déterminisme académique
qui sclérose vos ternes préceptes éteints

votre flamme ne brille pas
ne chauffe pas
n’éclaire pas
ne brillera jamais
ne chauffera jamais
n’éclairera jamais

et ce n’est pas moi qui le décide

pour vous
ce n’est que vous

qui y avez renoncé

Louve verture

Ce que c'est que d'être debout, Tangente esquive

Opalines
déambulations
sereines
face à l’adversité
néant d’un quotidien
qui tente
de nous ronger

La certitude est un cadenas rouillé
où un quotidien appris
pour te brimer
sert les intérêts
de puissants abstraits

puissances vaines
puisque fondées
sur ce monde
qui nous est interdit
comme un panneau tordu
qu’il suffit d’oublier

Séances kiné
masser les chairs
ternes endoctrinées
obéir se taire
ne pas déranger
éteignoir
de nos lumières de vie

La vie simple
s’excusant maintenant
maintenue au bout du bras
amorphe d’un quelconque

sur la plaie gonflée
sutture
s’entrevoit pourtant
louve verture
animal instinct
meute matriarcale
où le mâle du pays

rejoint humilité païenne
sa nature originelle reine
rejoint humilité païenne
sa nature originelle reine

Infime margelle

Ce que c'est que d'être debout, Tangente esquive

Un temps
cette infime
margelle
me fut un seuil
insurmontable

Un temps
cet infirme
émarge,
aile
ensouvenir écueil
ainsi surmonté…

Recueil recul
sur infirmité de circonstance
infinité de
circonstances

Déjuger les pronostics
vitalité ampoules vitamine D
piquouse ventrale
cuissots décharnés

Et tu voudrais
que je passe outre
renoncements voutés
croire pouvoir goûter ces mondaines insanités ?

Pour la gloire, pour un regard, pour se faire croire, le valoir
plutôt que le vouloir ?

Si j’ai vaincu l’interne invasive découpe
hébergé 11 mois
clouterie vissée

C’est pas pour
me laisser éteindre
par présages datés
d’une humanité autocentrée

J’ai pour le
presque avenir
des envies humbles
modestes
déterminées
saines sereines

Ainsi détaché
des humeurs incertaines

Relents révoltance

Tangente esquive

Achète cette liberté
bout de cuir à aimer
à aimer

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chemins détournés

Placarde au creux
de ta raison
Les excuses pour oublier

Laisse(r) passer
comme banalité
ces révoltes intimes

Tolèrer sans rechigner
détourner le regard
renoncer pour garder ce confort discrédité

Individu lambda déçu
Tu ne diras jamais
Tu ne vivras jamais
Que par intermittence

Vague relents révoltance
Pour d’informes
questions
sans importance

Renoncer,
fermer les yeux, détourner le regard, taire silence
les injures injustes,
les cris derrière la cloison,
le sang dira-t-on

Puis tu allumeras le poste, indignation plastifiée, message oraison sociale, complice duplicité
des médiacraties où ton ptit doigt t’as dit de cliquer