Poétesse, poéte

sous les pavés, le rivage

Il ne faut pas dire
Le langage doit être polissé

Il ne faut pas bouger
La révolte, touche pas à mon pote

Laissait entendre à mots couverts quelque lecteur en suaire

Un poéte ça poétise
Sur la marée des oiseaux

Point sur la politis
Et la crisse des
abstentionnistes

Un poéte ça reste dans le rang en attendant
sagement la mort

Un poéte ça dit point
des gueux lasses
Suant de tous les pores

Sur la misère méprise
Que celui-là excise
Jusqu’à ce que le féminin gise

Ça évite et ça l’évite
sujet critique
Domination empirique

Des hommes sur les femmes, de tout temps siècles d’asservissement

Un poéte ça végéte
Ça chiale car pas dans son assiette
pis ça tend la papatte

Un poéte ça cause pas
Ça frime de la rime
Et ça c’est pas un crime

Un poéte des cernes disparues, gentil mais un peu niais,

Un poéte ça s’exprime
Pis si ça dérange,
Un poéte ça s’échange

Il y en a pour tout l’égo
Du poéte de la poétesse

à ranger dans des cases de l’oncle tome, littérature chloroforme


La poésie est intime aucune histoire de frime, ne se ferme aucune porte

La poésie est fine forte, s’écrie, s’écrit à la grotte, se cueille comme fruit

Et s’en trouve des tas
à tendre la main
vers les étoiles abîme

Poétesse, poète ne garde pas pour toi les élans refrain du chemin